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Escale à Nantes, journées du patrimoine



Journées Européennes du Patrimoine. 

 

Escale à Nantes.

 

Entre Histoire et réalité.

 

Dix sept mille monuments sont à découvrir chaque année lors des Journées Européennes du Patrimoine. Ces monuments sont d’une grande diversité culturelle et bon nombre de conférences informent et invitent au dialogue inter-culturel. Afro-descendante de l’Océan indien, curieuse et passionnée par le thème de la mémoire, je partage avec vous cette escale à Nantes. J'ai parcouru à pied les rues de la ville lors des Journées Européennes du Patrimoine dont le thème cette année est justement: « L’art du partage » . La Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul  le Musée d’Histoire, le Mémorial de l’abolition de l’esclavage ou encore Notre Dame du Bon Port.  Je n’ai pas un seul instant baissé les yeux car cela ne m’aurait pas permis de voir la richesse architecturale des façades et surtout les mascarons de la rue Kervégan ou de l’île Feydeau. Le Patrimoine raconte l’Histoire. Celle de Nantes est liée à la Traite négrière.

 

Certains lieux comme la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul ou encore Notre Dame de Bon Port sont accessibles toute l’année et on peut admirer de loin les lignes pures et les arcs boutants du bâtiment qui culmine à 63 mètres de hauteur dans un style gothique flamboyant. Voir aussi les doubles croisés d’ogives, les gardes-forts, la galerie et les grandes verrières. Commencé en 1434, il a fallu quatre siècles pour son achèvement. Notre Dame de Bon Port est une église construite en 1852. Elle est inscrite au titre des monuments historiques en octobre 1975. La partie instrumentale de son orgue construit par le facteur nantais Louis Debierre en 1891, est classé au titre objet des monuments historique en décembre 1975. 

Le Musée d’histoire ouvert en 2007 au Château des Ducs de Bretagne retrace l’histoire de la traite négrière nantaise et de la participation des Nantais au système esclavagiste dans les colonies. Il abrite des trésors d’oeuvres arrivés d’Afrique. Notamment des crânes de la ville d’Abomey qui feront prochainement le retour au pays natal grâce au projet de restitution.

 

Au XVIIIe siècle, Nantes est le premier port négrier de France. Entre 1707 et 1793, 42% des expéditions partent de Nantes. Longtemps refoulé, mal connu, mal compris et mal assumé, le passé négrier de la ville est reconnu depuis 25 ans. Nantes regarde maintenant son passé en face et avec lucidité. « Les anneaux de la mémoire » en 1992 fut la première exposition temporaire en France.

En avril 1998 à l’initiative de l’association Mémoire de l’Outre-mer, pour le cent cinquantième anniversaire de l’abolition de l’esclavage, une sculpture commémorative est érigée Quai de la Fosse. Onze jours plus tard, la sculpture est sacagée. La mairie décide alors en juin 1998 d’ériger une autre oeuvre commémorative.

 

Les façades de la rue Kervégan, des hôtels de l’île Feydeau ou de l’allée Brancas sont ornées de masque ou mascaron représentant des figures humaines noires gracieuses, grimaçantes ou rieurs. Ces mascarons sont  avaient pour fonction de chasser le mauvais oeil, les mauvais esprits ou servaient de décoration de bon goût. Au numéro 13 de la rue Kervégan, l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique sont représentés. Allée Brancas, un hommage est rendu à l’expédition partie de la place: celle de Bougainville.

 

Le Mémorial de l’abolition de l’esclavage, ouverte en 2011, raconte l’histoire de la Traite négrière nantaise, son influence sur l’économie, sur la vie du port et sur l’architecture immobilière. Les vieilles pierres, les mascarons, les parcs et les squares font aussi partie d’un patrimoine disponible et visible toute l’année.

Le Mémorial relie spatialement et symboliquement la ville au Palais de Justice par la passerelle Victor Schoelcher. Elle est faite pour affirmer l’importance du respect des droits de l’homme. Aujourd’hui, non loin de là, des centaines de migrants campent et attendent une solution à leurs problèmes.

 

Entre la passerelle Victor Schoelcher et le pont Anne de Bretagne, deux milles plaques disséminées au sol rappellent les 1800 expéditions négrières, les noms des comptoirs négriers d’Afrique, les ports d’escale et de vente des Antilles françaises fréquentés par les navires nantais. Le coeur du Mémorial est un passage souterrain qui longe le quai et qui mène vers la mer. 

Nez au vent, à l’écoute des murmures de la ville, les rues me mènent sur les traces de ces noirs qui transitaient par les Colonies avant de venir travailler dans la confection des tonneaux et dans l’habillement. Les toiles imprimées représentaient 60 à 80% de la valeur de la cargaison d’un navire en partance de Nantes. 

Des ateliers et anciens chantiers navals d’où il est possible de découvrir la construction nantaise, montent des sons et des airs d’un concert de chansons traditionnelles. 

 

Escale à Nantes, à la recherche d’une collection d’oeuvres qui sera commentée par des experts et qui permettra de cultiver l’art du partage virtuel  d’objets africains qui sont dans les Musées.  Autres escales prévues à La Rochelle, Orléans ou encore Bordeaux. 

 

Marie-Ange THÉBAUD